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HERBE FOLLE

Béton, bitume, asphalte
Je peux pas dire que ça m’exalte.
Essence, pétrole, benzène
On peut pas dire que ça rend zen.

Moi je carbure à la verdure
C’est comme une seconde nature.
Quand il n’y a pas photosynthèse
je me sens au bord du malaise.
Je suis accro à l’oxygène
Ca en devient même pathogène.

Je suis une herbe folle
qui cherche son terreau
près d’une jolie rigole
ou le long d’un ruisseau.

Bien que je sois une citadine
j’me dis que j’vais pas prendre racine.
A tous les spectacles, les banquets,
je préfère mon jardin secret.
Tant pis si j’suis moins cultivée
qu’une de ses belles plantes raffinées.

Je suis une herbe folle
qui cherche son terreau
en ville je m’étiole
et je courbe le dos.

C’est sûr j’aurai pu être une rose
Qui se dandine et prend la pose,
Ou un éclatant camélia
Romantique et tout l’tralala,
Ou encore une jolie glycine
Qui jette des œillades assassines.

Je suis une herbe folle
Tout c’qu’il y a d’terre à terre
Je n’ai même pas d’ corolle
Juste un justaucorps vert.

Heureusement j’ai rencontré
Une joyeuse bande de graminées
Qui voulait partir en campagne
Contre la pollution qui gagne.
Alors avec eux je défile
En criant “ Vive la chlorophylle ! ”

C’est nous les herbes folles !
Nous sommes très populaires
Suivez nos banderoles
Et changeons d’atmosphère.

C’est nous les herbes folles !
Nous sommes très populaires
Suivez nos banderoles
Et changeons d’atmosphère

 

L’HELICOPTERE ET LE PAPILLON

Il travaille dans l’armée
Survolant les tranchées
L’hélicoptère.
Au cours d’une permission
Il voit un papillon
Danser dans la lumière.

La vie ne dure qu’un jour
Papillon irisé
J’aimerais un baiser.
Oublions tout autour.

Le papillon charmé
Doucement vient se poser
Sur son hélice.
Bonheur des amoureux.
Ils tournoient tous les deux.`
C’est un feu d’artifice.

La vie ne dure qu’un jour
Papillon irisé
Dansons dans la rosée.
Oublions tout autour.

Reparti au combat
L’hélicoptère s’abat
Dans la clairière.
Sur son hélice brisée
Un frôlement léger,
Une caresse éphémère.

La vie ne dure qu’un jour.
Et nous nous sommes croisés
Juste le temps d’un baiser,
Mon amour.

 

QUAND LE HEROS

Quand le héros est jeune et beau
Pauvre mais avec des pectoraux
C’est un bon film.
Même si l’reste est un brin faiblard
Et qu’il y a une faille au scénar
J’le trouve sublime.
Pour peu qu’il y ait une blonde dans l’coup
Qui le tienne par la peau du cou,
Moi je fulmine.

C’est mon côté ado.
Di Caprio, Brando,
Quand j’vous vois sur l’écran
J’suis scotchée au banc.
Je suis une midinette,
Oui une vraie minette.
A mon âge respectable
Est ce donc bien avouable ?

Quand le héros est en marcel
Et qu’il transpire sous les aisselles
Je suis exsangue.
S’il est en jean tout décousu
Et torse nu, pas trop poilu
Je tire la langue.
Pour peu qu’il monte un étalon
Sous un soleil comme du béton,
Mon cœur fait bang.

Je suis sensible au charme
Des hommes. Ils ont des armes
Qui sont de premier choix,
Mais pas celles qu’on croit.
J’vous assure que les flingues,
C’est pas ce qui m’rend dingue.
Si je suis fétichiste
Cherchez une autre piste.

Quand le héros a des malheurs,
Qu’il a perdu père, mère et sœur
Je suis toute chose.
Si on l’accuse injustement
Qu’il est trahi par un méchant
J’prends fait et cause.
Si on abîme sa belle gueule
Et qu’ils sont dix contre lui tout seul
Je m’interpose.

J’suis sûrement maternelle.
Chez moi ça se révèle
Par l’envie de soigner
Et de consoler.
J’s’rais meilleure infirmière
Que toutes ces jeunes premières.
J’le mettrais au dodo,
J’panserais ses bobos.

Quand le héros tombe de cheval
Qu’on l’attache en travers des rails
Moi je transpire.
S’il se libère avant qu’le train
L’ait réduit en peau de boudin
Là je soupire.
Mais si jamais c’est Titanic
Et qu’il y a une issu tragique
J’souffre le martyr.

Mort dans la fleur de l’âge,
Je trouve ça dommage.
J’ai même la larme à l’œil
Et la tenue d’deuil.
Je rêve de mon héros.
Ah comme il était beau !
C’est pas du cinéma
Puisque moi j’y crois.

 

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